Au moment du coucher, prendre comme chaque soir un temps de lecture pour lisser les aspérités de la journée. Le livre qu’on est en train de lire, le dernier journal d’Henry Bauchau s’ouvre à cette page :
Malgré tout
le mal qu’on nous fait
malgré
celui que nous faisons
subir aux autres
Malgré
la guerre
les enfants mutilés
martyrisés
l’enfer
que tant de gens s’infligent
et qu’ils infligent aux autres
Malgré
malgré tout
ne dressons pas le mal
et le bien face à face
ils sont en nous
et dans le cours
aventureux des siècles
En face du mal
en face du bien
il n’y a rien
rien que la vie
ensemble
henry bauchau - Page 2
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La vie ensemble.
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Etre en soi.
Rentrer chez soi.
Retrouver sa cellule intérieure et s’installer dans le jardinet-courette-terrasse pour lire les journaux accumulés.
Un article sur Emily Dickinson, quelques vers :« La Gloire est une abeille / Elle chante / Elle pique / Et, hélas, elle s’envole ».
Un passage du dernier journal d’Henry Bauchau :« Pour ma vie d’aujourd’hui, je dois noter un long moment de bonheur sans cause ce matin, après mon premier repos du jour. J’étais au lit : chaleur, douceur bien sûr, mais quelque chose de plus, une présence, une proximité de la présence. Je percevais mon bonheur. Il était en moi, il suffisait de le vivre jusqu’à sa progressive disparition » (27 décembre 2008 – Henry Bauchau a 96 ans)